31.3.15

D'une seconde à l'autre.


















D'une seconde à l'autre, la lumière joue à cache-cache. 
J'ai comme une couleuvre dans la gorge, une écharde tenace, 
un roulis de caillebotis dans le corps, un chant de grillons 
électroniques en arrière-son sonore.  
Je ferme les yeux. J'ouvre ma boîte à images imaginaires.
Plusieurs inspirations et expirations profondes suivent.
Je suis bercée par mon souffle, je puise dans mes racines. 
J'oublie déjà et je m'imagine être demain. 
Jour sacré au noyau imprégné d'une rencontre à la saveur 
d'une datte douce, sucrée et enrobée d'amour. 
Je m'y emmitoufle. Hier, aujourd'hui et demain.


26.3.15

A l'écoute.






























J'entends le printemps plus que je ne le sens. 
Même sous ses airs de grêle en semonce,
je l'entends. 

Dans mon sommeil, je suis à l'écoute 
des bourgeons qui s'entrouvrent.

17.3.15

Animal, végétal.


































Vitalité des feuilles, j'y reviens souvent ces dernières 
semaines. Tout comme les chats en costume. 
En pleine phase de tâtonnements, j'aime me laisser 
guider par l'outil, par ce qu'il cherche lui aussi.

Images gourmandes.


  













Il est parfois difficile de se mettre à cuisiner. 
 J'ai trouvé la bonne introduction : faire des crêpes 
à la farine de pois chiches. Et nous imaginer 
les dévorant le lendemain. Encore meilleures 
en les passant dans le grille-pain. Croquées avec 
une noisette de beurré salé. Évidemment.
C'est un bon départ pour continuer : lentilles corail marinées 
aux épices et citron : le réveil du palais.
Curry végétarien et coco : la douceur gourmande. 
Se faire plaisir, encore.























Camélia aux pétales charnus 
et far aux pruneaux dans un moule caramel. 
Ceux qui nous ramènent dans nos images de famille.
Plante grasse aux bouches aquatiques, 
lumineuses jonquilles offertes.

11.3.15

Thanks.






































Message reçu ;-)






















Fantomette est à croquer.
Merci pour les photos !


10.3.15

Escapade.




































 




Certaines impressions surgissent d'un souvenir qui n'est pas le nôtre. 
J'observe la rue. Être comme dans un décor de West Side Story 
et aussi dans le presque Nord. Je me sens comme l'eau projetée  
sur la chaussée. Vivante. Toutes ses fenêtres identiques maintenues 
par un mur de briques. Leurs encadrements blancs subliment 
la lumière du jour. Celle de la nuit se perd et se mouve dans ces cadres. 

Nous n'étions pas chez nous ce week-end et j'ai adoré. 

Elle classait ses livres par couleur. Dégradés du bleu turquoise  
au jaune canari, puis du orange vitaminé au rouge carmin, blanc crème,
vert d'eau, gris souris et noir de jais.
Un soin particulier et minéral apporté 
à chaque détail comptant à mes yeux. La pierre noire, lourde, râpeuse 
portant le savon au parfum captivant. Peut-être muscade érotique 
ou cactus aphrodisiaque. L'imaginaire prend le pas qui lui est du.

J'ouvre une oreille. Le matin, les étalages se montent. 
Entrechocs métalliques, voix portantes, grincements, 
claquements des lourdes portes réfrigérées. Tout en douceur.
En journée, les passants, marchands de gouda, 
chiens de prestige tout poilus, les touristes égarés avec 
leur parapluie-boussole, 2-4-6-8 enfants, mille et un vélos, 
les marcheurs du samedi, les Mamies du Nord, leurs laveurs 
de vitres prestidigitateurs, cuisiniers gourmands. Ils sont tous là.
Le soir, cliquetis des chariots tirés dans les devantures,
voix perçantes excédées, coulis de fumée assourdissante, 
rires gras et chauds. Klaxons en goguette, les vélos reprennent 
leur territoire et nos paupières alourdies clignotent.

2.3.15

Les bons mots.



















Jeudi soir. J'aimerai être découpeuse de beaux papiers
ou préparatrice de colis surprise. Toute ma vie.

















Samedi après-midi. Tea time avec ma douce maman. 
Chaleur, sourires partagés et complicité. 





















Dimanche soir.
J'essayais, quelques minutes avant, de me souvenir 
d'un dessin, d'une annotation posée quelque part, 
un jour de février, en vue d'une gravure naissante.
J'ai remis de l'ordre dans mes pensées, associant la musique 
et les images glanées en ce jour de février. 
Je l'ai cherché et malicieusement le dessin s'est animé 
sous mes gouges. La plaque de lino était dure et glacée. 
J'ai eu peur d'avoir tout oublié. J'ai eu peur que les gouges 
ne retrouvent pas leurs traits que j'aime tant.
Ceux qui se construisent dans la spontanéité, 
dans le laisser-être. Ceux que j'imagine déjà imprimés.
Alternant la fine lame et l'autre, celle qui écope avec gourmandise, 
j'ai senti la chaleur du geste et mes acquis revenir.
j'ai laissé les gouges se mouvoir en laissant filer ma respiration. 
Je ne l'ai pas bloquée cette fois-ci.
Une inspiration profonde accompagnant la suivante. 

Courons contre le temps. Vers le vent, vers la vague.