28.4.16

Souffle léger.

J'aimerai être une authentique insomniaque. 
Écrire la nuit, toute la nuit. Dans ma cuisine. 
Sur cette table jaune mystique. 
Dans le calme ronronnant du réfrigérateur 
ou dans la chaleur oppressante de l'été, 
fenêtres ouvertes aux fous rires sorciers. 
Cette rue sera-t-elle toujours mienne ? 
Dans mes songes où d'autres sons viendront. 
Et je me serais peut-être envolée en bord de mer.
J'entends un autre souffle. 
Caché derrière celui des pages de son livre 
qu'il tourne. Encore et encore, silencieusement. 
Plus léger, presque ensommeillé. 
Surprise ! C'est mon double souffle. 
Celui qui s'est installé après cette angine 
tenace de la fin de l'hiver. Étrange impression fantôme.
Allongée sur le ventre, elle hume les herbes 
de provence. Four brûlant, effluves rôties 
et pommes de terre fondantes. 
Le chat vient s'asseoir sur ses fesses. 
Mon sourire revient. La magie d'un instant égaré 
à la malice de cette compagne féline.

21.4.16

C'est le retour de la tangerine.



 






















Je suis l'affluent.
Bercée par le clapotis 
des vagues.


Sablés au thé matcha 
et gingembre confit.

18.4.16

Apnée et ginkgo.

J'ai expérimenté l'apnée ces jours passés.

Ecrire, c'est aussi s'apprivoiser soi-même.
















Code d'entrée : une palette de jaunes 
et un onctueux jus de betteraves.







 








Durant les premiers chiffres d'avril, 
j'ai fait des crêpes en forme de feuille de gingko.
J'ai lu passionnément "Peindre, pêcher et laisser mourir" 
suivi de "La constellation du chien". J'oublie, à chaque fois, 
les vertus de la lecture. D'autres jours, j'ai vécu dans une librairie 
et observé la démarche chaloupée d'un mec sur un nuage.

7.4.16

Tout est possible.




















Après de longues chevauchées en Saab
dans mes rêves éveillés, j'ai réussi à la graver
à l'imprimer, à la porter. Une empreinte de plus 
vers - un jour éveillé - la conduite de cette addiction. 
Ces papiers japonais patients attendent d'en être 
épris eux aussi. Les jours se pressent.








































Je suis allée à la bibliothèque rendre un livre 
qui m'appartenait. Histoires des bêtes ignorées de la mer...  
Un lecteur curieux a tenté de me le dérober 
sous mon nez. Récits de voyages, dictionnaire 
insolite d'un pays,... Je me plonge dans ces pages
Picoreuse et savoureuse d'un paragraphe glané 
avant l'autre, de la fin au début du livre. 
Toujours la même méthode.

Lettres bleues, timbres d'oiseaux, colis rectangle  
du Finistère et carré du Sud, écritures vives 
et manuscrites à l'ancienne, cartes et papiers volants.
Ces jours derniers, ma boîte aux lettres fut ouverte 
avec gourmandise.
.  

1.4.16

Danse.





















Les jours passent au rythme de nouvelles saveurs. 
Mochis, poisson multicolore, arepas, butternut et basilic.
Jeudi 31 mars à 12hoo. Je suis passée en bus 

dans la rue Rodier. J'ai vu une chèvre et un lapin 
nain noir. J'adore le mois d'avril. 
Sur un rêve fou, je reprends mes gouges en douceur.